Carnet de route

Rencontre entre les jeunes compétiteurs et Nicolas et Tanguy les 2 champions du

Le 17/12/2015 par Fabien VIGUIER

 

Nicolas et Tanguy sont tous membres du Drac Vercors Escalade et de l’équipe de France d’Escalade.Tanguy a 22 ans, il est originaire de la région de Chamonix. Il est membres du club depuis son arrivée sur Grenoble il y a 3 ans. Etudiant en 1ère année de  Master STAPS (étude de sport), il est en équipe de France depuis cette année, il a participé à 2 coupes du monde d’escalade en 2015. Au sein du club, il entraîne un groupe d’adultes et participe à des entraînements du groupe compétitions des jeunes.

Nicolas a 18 ans, il habite à Saint Ismier. Il est au club depuis cette année, il est originaire du club de Crolles. Il est en 1ère année de STAPS. Il a été Vice champion du monde junior de blocs en 2015, 3 fois champion de France : 2 fois en  difficulté, 1 fois en blocs.

 

Gaspard : Vous avez commencé l’escalade à quel âge ?

Nicolas : Vers 9/10 ans il me semble.

Tanguy : J’ai toujours grimpé. Dès que j’ai su marcher, j’ai commencé directement l’escalade avec mes parents et du coup ça fait plus de 15 -16 ans que je fais de l’escalade.

Taméo : Vous utilisez quel type de magnésie ?

Tanguy : J’utilise de la magnésie liquide avant de partir dans la voie pour éviter d’avoir à remettre de la magnésie sur les 10 premiers mouvements et dès que j’en ai besoin, j’utilise de la magnésie en vrac, en poudre. Mais je n’utilise pas de boule.

Nicolas : Et moi, juste de la magnésie en poudre, pas de magnésie liquide.

Yassine : Quel était votre niveau quand vous avez commencé à faire de l’escalade ?

Tanguy : Au début c’était le plus bas niveau qu’on pouvait avoir. Quand j’ai commencé j’étais dans le 4 et puis petit à petit j’ai vite progressé jusqu’au niveau 6A, et après c’est plus difficile d’arriver dans les niveaux supérieurs parce que plus le niveau augmente, plus le passage de chaque cotations me semble difficile.

Nicolas : Quand j’ai commencé je n’étais pas du tout le plus fort, j’étais juste un enfant normal qui fait de l’escalade. J’ai progressé petit à petit.

Fabien : Est-ce que vous vous souvenez de votre premier 7A ?

Nicolas : Oui, c’était à Orpierre et je devais avoir 11 ans ou 12 ans pour mon premier 7A.

Tanguy : Pour mon premier 7A j’avais 10 ans à peu près, c’était en Haute Savoie vers chez moi, vers Chamonix. Je ne me souviens pas du nom par contre je sais que je l’avais fait en moulinette parce que j’avais trop peur de grimper en tête et ça a duré assez longtemps.

Fabien : Et votre premier 8A vous vous en souvenez ?

Nicolas : Ah oui ! Mon premier 8A c’était un an après, à 12 ans, c’était à Saint-Pancrasse dans la Chartreuse.

Tanguy : Mon premier 8A j’avais 14 ans il me semble. C’était sous la falaise de Bionnassay, en Haute-Savoie,  vers Chamonix et je l’ai aussi fait en moulinette. Il n’y a pas longtemps, je l’ai fait en tête.

Fabien : Et votre premier 8C ou premier 9A ?

Nicolas : Mon 9A, c’était à peu près il y a un an, toujours à Saint-Pancrasse.

Tanguy : Mon premier 8C, c’était cette année en fait, aux vacances de Pâques. C’était sur la falaise de Bionnassay en Haute Savoie. On reste sur nos falaises traditionnelles !

Marie : Quelle est la voie la plus difficile que vous avez réussie à faire ?

Nicolas : Moi c’est un 9A à Saint-Pancrasse, étant donné que je suis le seul à l’avoir faite, je ne suis pas sûr que ça soit un 9A, mais je suis sûr que c’est la plus dure que j’ai faite.

Tanguy : Moi c’est le 8C que j’ai fait cette année.

Yasmina : Vous vous entraînez combien de fois par semaine ?

Tanguy : Ça dépend.  L’an dernier, 3-4 fois par semaine, cette année beaucoup plus, entre 6 et 10 fois par semaine. Dans mes 10 entraînements par semaine,  il n’y a pas que de l’escalade, il y a aussi de la course à pied, de la préparation physique, de l’électro-stimulation, c'est un appareil qui sert à contracter les muscles.

Nicolas : Moi pareil, de l’escalade, je n’en fait jamais plus de 2 ou 3 fois par semaine parce que  ça fatigue, ça fait mal aux doigts et après on ne peut plus trop tenir les petites prises. A côté je fais beaucoup d’abdos, de musculation, de footing, d’étirements. Au total, ça doit faire 8 -9 séances par semaine.

Dans les 3 séances de grimpe par semaine, je fais pas mal de falaise, 2-3 fois en falaise et une fois en salle.

Sophie : C’était à quel âge votre première compétition ?

Nicolas : Je pense que c’était à 12 ans, 2 ans après avoir fait de l’escalade. C’était une petite compétition : « Le top des Petits grimpeurs ». C’est une compétition à Chambéry.

Tanguy : Et moi j’ai commencé assez tardivement parce que j’ai fait beaucoup de falaise d’abord. Après j’ai voulu commencer la compétition et j’étais en minimes 2ème année, donc vers 14 ans. C’est assez tard car certains commencent beaucoup plus tôt.

Taméo : Vous faites plus de compétitions de blocs ou de difficultés ?

Tanguy : Les années précédentes je faisais plus de compétitions de difficultés et cette année je fais autant de compétitions de blocs que de difficultés mais mon objectif principal, c’est la difficulté.

Nicolas : Moi je ne fais presque que des compétitions de blocs, 2 compétitions de difficultés dans l’année mais mes objectifs, c’est surtout le bloc. Je m’entraîne pour ça !

Fabien : Tanguy s’entraîne autant en difficulté qu’en bloc et Nicolas s’entraîne beaucoup en falaise mais fait essentiellement des compétitions de blocs.

Nicolas : Oui c’est ça !

Marie : Est-ce que vous vous êtes déjà fait mal en grimpant ?

Nicolas : Oui, je me suis déjà fait les ligaments croisés du genou, en tombant trop haut d’un bloc.

Tanguy : Moi je me suis déjà fait plusieurs entorses aux doigts. En fait j’avais les doigts coincés dans un bi-doigt, et quand j’ai voulu sortir mes doigts, ils se sont coincés dedans et ça me les a tordu. Mais c’est tout ce que je me suis fait.

Noëmie : Combien de fois avez-vous fait le championnat de France ?

Nicolas : J’y ai participé chaque année depuis la catégorie minime, j’en ai fait 5 en difficultés et 4 en blocs, donc 9, ça fait 5 années en tout.

Tanguy : Moi c’est pareil, depuis la catégorie minime, j’ai fait tous les championnats de France.

Andreï : Est-ce que l’escalade était difficile pour vous lorsque vous étiez petit ?

Nicolas : Difficile, oui, comme pour tout le monde. C’est un sport où il y a pleins d’aspects à prendre en compte, il faut apprendre à gérer ses pieds, ses mains, on peut être le plus fort du monde,  mais quand on commence, on ne sait pas intuitivement ce qu’il faut faire et comme pour tout le monde, c’est un peu difficile.

Tanguy : Et moi, quand j’étais petit, c’était surtout la peur de la chute. Quand je grimpais en tête, j’avais super peur et du coup je faisais que des voies faciles en tête et les plus dures je les faisais toutes en moulinette. Le plus difficile pour moi c’était de gérer la peur.

Fabien : Et toi Nicolas, est-ce que tu as déjà eu peur ?

Nicolas : Non, c’est quelque chose que je n’ai jamais ressenti d’avoir peur au-dessus des dégaines. Je vois pleins de gens au dessus des dégaines qui tremblent, (rires) je ne comprends pas… j’ai la chance de ne pas avoir connu cette sensation.

Andreï : Quel est votre système d’assurage ?

Nicolas : Le gri-gri, c’est pratique, on donne du mou rapidement. Quand on sait bien s’en servir, c’est pratique mais ça peut être assez dangereux si on ne respecte pas scrupuleusement la méthode…

Tanguy : Moi je préfère m’assurer avec un système type « puit ».

Gaspard : Est-ce que vous faites des grandes voies.

Tanguy : Moi je fais beaucoup de grandes voies, surtout l’été après les compétitions. C’est vraiment quelque chose que j’adore. Cette année, j’ai fait ma première grande voie dans le massif du Mont Blanc et une autre grande voie en terrain d’aventure, c'est-à-dire qu’il n’y a pas de spit en place : on doit poser ses propres protections. Les voies ne sont pas du tout équipées et on vient coincer des systèmes mécaniques (friends ou coinceurs) dans des fissures et du coup quand on chute, c’est eux qui nous retiennent.Du coup, on n’est jamais sûr et c’est ça qui est intéressant et qui fait peur !

Nicolas : Alors moi, très peu de grandes voies, j’ai dû en faire 3 dans ma vie. Ce n’est pas ce qui m’intéresse pour le moment.

Taméo : Est-ce que vous arrivez à faire les voies faciles sans les jambes (no-foot)?

Tanguy : S’il y a beaucoup de dévers, si la voie est très déversante et qu’il y a des grosses prises, on y arrive. Mais du coup, ce n’est plus une voie facile !

Nicolas : Moi je n’y arrive pas…(rires)  !

Yasmina : Combien de temps durent vos séances d’entraînement ?

Tanguy : Ça dépend. Il y a des séances qui durent 1 à 2 heures, et parfois on fait des stages d’entraînement qui vont durer toute la journée et où on fait juste des petites pauses. Parfois, on fait plusieurs petites séances dans la journée et à la fin ça fait une grosse séance d’entraînement qui peut durer toute la journée.

Lydie : Comment vous arrivez à être aussi fort ?

Tanguy : Comme vous, on essaye d’organiser chaque séance et de réfléchir à ce qui pourrait nous faire progresser le plus vite et plus efficacement possible. On s’entraîne pour cela.

Nicolas : Et surtout il ne faut jamais se décourager, toujours garder la notion de plaisir pendant les entraînements, c’est ça qui te fait progresser.

Noémie : Est-ce que tu arrives longtemps à rester en gainage « cuillère » ?

Nicolas : La cuillère, ça me fait mal aux abdos donc je n’en fais pas trop longtemps…(rires)

Les enfants : Nous, on en fait souvent : 3 fois pendant 15 secondes et entre 2 on a le droit de se reposer 5 secondes.

Nicolas : Au moins après vous saurez grimper dans les dévers !

Lyne : Vous avez commencé dans quelle salle d’escalade ?

Nicolas : J’ai commencé dans une salle d’escalade dans un gymnase à Meylan, le gymnase Charvet. Mais après c’est devenu trop petit.

Tanguy : Moi j’ai commencé chez moi, j’avais un petit bloc d’escalade dans ma maison.

Noëmie : Combien de temps passez-vous dans une voie difficile ?

Nicolas : Pour la travailler, c’est-à-dire pour repérer et caler les mouvements, on peut bien y passer une heure. L’assureur râle un peu mais ça peut durer très longtemps. Après, quand on fait des essais, ça peut aller d’une minute si c’est très rapide, jusqu’à un quart d’heure s’il s’agit d’une voie plus longue.

Tanguy : Moi, ça m’est arrivé de faire des voies très très longues où il faut vraiment chercher à se reposer dans les mouvements. Ca s’appelle de la continuité, et là, on peut y passe une demi-heure pour être sûr d’enchaîner la voie.

Gaspard : Quels sont vos chaussons préférés ?

Nicolas : Moi c’est Scarpa, parce qu’ils sont très bien pour la falaise et pour le mur, donc avec une paire de chaussons, on peut tout faire. En plus, ils ne s’usent pas trop vite, pas besoin de les changer tous les 2 mois.

Fabien : Tu as des sponsors Nicolas ?

Nicolas : Et bien j’ai choisi Scarpa et Petzl qui me donnent des crash pad, des baudriers, des dégaines, des gri-gris, des cordes.

Fabien : Il y a un matériel que tu apprécies particulièrement chez Petzl ?

Nicolas : Oui, le gri-gri pour assurer et leurs dégaines, des légères aux plus lourdes.

Fabien : Et toi Tanguy, il y a des chaussons ou du matériel que tu aimes bien ?

Yassine : Quel était votre niveau quand vous avez commencé à faire de l’escalade ?

Tanguy : J’ai un sponsor aussi, c’est la marque Simond. Je mets des chaussons Simond et ils me donnent aussi du matériel en corde, en dégaines, en sac à dos. J’aime bien leurs cordes. Elles sont bien résistantes et durent beaucoup plus longtemps que d’autres cordes.

Taméo : Vous faites du combien en tête à vue ?

Tanguy : Le maximum que j’ai fait en tête à vue c’est du 8A.

Nicolas : Moi c’est un 8B en Espagne.

Maël : Vous préférez la salle ou la falaise ?

Tanguy : Pour s’entraîner pour les compétitions, s’entraîner en salle, c’est très intéressant parce que c’est plus proche de ce qu’on va retrouver en compétition. Mais je préfère la falaise : j’adore grimper sur du rocher, c’est vraiment sympa de pouvoir grimper dehors, au soleil. C’est vraiment ce que je préfère. C’est plus varié dans les mouvements, dans la gestuelle. On retrouve des styles qui sont hyper variés, on retrouve des choses comme des grosses colonnettes dans les gros dévers, on a vraiment tous types de prises et des prises qu’on ne rencontre pas en salle. Ce qui est intéressant aussi, c’est de grimper sur des voies qui sont plus longues qu’en salle. Après, ce qui est génial, c’est de pouvoir grimper en extérieur avec un beau paysage derrière, alors qu’en salle, on se retourne et il y a des murs partout.

Nicolas : Pareil pour moi, je mets toujours de la falaise dans mon entraînement pour garder la motivation.

Pablo : Depuis le début de la saison vous avez grimpé combien de voies en falaise ? Combien de voies avez-vous fait depuis la rentrée ?

Nicolas : Depuis la rentrée, j’ai dû aller en falaise à peu près 15 fois, à chaque fois que je vais en falaise je fais 5 voies, donc 5 fois 15, ça fait 75 ! 75 voies, voilà !

Tanguy : Moi depuis le début de la saison, je me suis concentré uniquement sur le bloc, je ne suis pas allé beaucoup en falaise. Je suis allé en Croatie et là j’ai dû faire une quinzaine de voies. Sinon je fais surtout du bloc en extérieur, à Fontainebleau par exemple.

Younès : Combien de tractions faites-vous ?

Nicolas : Avec un bras, j’en fais 5 du bras droit et 4 du bras gauche. Et à 2 bras, à peu près 30 et si je suis en forme 35.

Tanguy : Je fais 3 tractions de chaque bras et entre 35 et 40 tractions avec les 2 bras.

Fabien : Pour cette année, quels sont vos objectifs en falaise ?

Nicolas : Moi, j’aimerai enchaîner la voie Biographie. Biographie c’est le premier 9A+ de l’histoire de l’escalade et mon objectif serait d’enchaîner ça.

Tanguy : Mon objectif si possible c’est d’enchaîner mon premier 9A. Il faut que je trouve déjà la voix qui me plait et qui me correspond, je dois bien la travailler. Cet été je vais essayer d’aller à Rodellar  en Espagne. C’est une falaise super connue et qui a beaucoup de dévers. C’est bien mon style.Autrement, je cherche une voix physique, très physique.

Nicolas : Moi mon style, c’est plutôt très court, très « à doigts », sur des toutes petites prises et pas trop longue.

Fabien : Mais pourtant Biographie, c’est une voie très longue ?

Nicolas : Oui c’est une voie très longue qui fait 35 mètres, mais j’aimerais quand même bien la faire, même si ce n’est pas trop mon style…C’est la plus belle voie du monde.

Fabien : Vous avez des objectifs en compétition ?

Tanguy : Oui, j’ai plusieurs objectifs. J’en ai qui sont à moyen terme, qui vont arriver dans 1 ou 2 mois, ça sera les championnats de France de Blocs et du coup j’aimerais bien rentrer en finale. Et puis mon objectif principal, c’est de rentrer en finale des championnats de France de difficultés, pour me requalifier sur les coupes du monde, et là, l’objectif sera de m’améliorer par rapport à cette année.

Nicolas : Etant donné que j’étais 2ème au Championnat du monde cette année, la suite logique est de gagner l’année prochaine.

Fabien s’adressant au groupe : Toutes les compétitions mentionnées, le championnat du monde Junior et les championnats de France, sont retransmises sur la télé par internet, vous pourrez suivre Tanguy et Nicolas en direct.

Amandine : Au début quand vous avez commencé, qu’est-ce qui vous a plu dans l’escalade ?

Nicolas : Bonne question…Ce qui m’a plu, c’est l’aspect convivial du sport. On se repose beaucoup donc on peut discuter, on peut échanger avec ses partenaires sur les méthodes, sur la voie. Et puis ce qui m’a plu, c’est la complexité et la richesse de ce sport, beaucoup plus riche que d’autres sports. On utilise presque tous les muscles du corps. Oui, c’est cette diversité et cette richesse qui m’a plu. J’ai tout de suite accroché !

Tanguy : Moi c’est pareil, c’est la convivialité du sport et puis la richesse des mouvements. C’est tout le temps différent d’une voie à l’autre, on ne refait jamais la même chose. Il y a plein de sport où on reproduit tout le temps le même geste, comme en athlétisme où quelqu’un qui fait du sprint fait toujours la même chose.  Alors que nous on a la chance de pouvoir découvrir tout le temps des nouveaux endroits, de nouvelles falaises, des nouveaux mouvements, des nouvelles voies. C’est ça qui me plaît. Avec ce sport, on peut voyager, on peut aller dans plein de pays.

Nicolas : Je pense que c’est une chance de faire de l’escalade, il faut en profiter !

 

Merci à nos 2  Champions d'avoir pris le temps de venir répondre aux questions de nos futurs champions ! Bonne chance à eux pour la suite de leur carrière sportive.







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